Dystopia
     
Dystopia
Ce travail n’est pas une série au sens strict du terme. Il n’y a pas de fin envisagée. Chaque nouvelle photo vient redistribuer les cartes et faire bouger les pièces d’un puzzle en constante construction.
On y retrouve des motifs, formes, figures ou obsessions récurrentes. La trace d’abord. Celle d’un mot griffonné sur un mur, de la saleté accumulée sur un pansement trop ancien, de l’encre sur la peau du tatoué, d’une cicatrice traversant l’arrière d’un crâne.
La foi, la transcendance et la Chute symbolisées par ce Christ décrucifié et démembré, forme moderne d’une descente de croix qui n’intéresse plus personne.
La matière enfin. Organique, minérale ou synthétique, elle vient donner du corps à cet ensemble transpercé ça et là par des armes factices transformées en objet du quotidien ou de quasi dévotion.
La lumière, la couleur et l’utilisation du flash rehaussent d'un nouvel éclat l’obscurité apparente de chacun de ces éléments pour mieux faire ressortir leur nature propre. Le cadrage, serré, clos, cherche à isoler le sujet de son environnement immédiat tout autant qu’il enferme le regard.
Chaque photo constitue un monde fini. Par leur juxtaposition, chacun de ces mondes contribue à créer un tout qui les dépasse et les complète. Gratter sous la croûte des choses communes et ordinaires pour en révéler la beauté et le sens caché. Utiliser la noirceur des fonds monochromes et du clair obscur pour donner un éclat inhabituel à chacun de ces objets/visages/phénomènes esthétiques comme autant de symptômes magnifiques du déraillement en cours.
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