Ad Nauseam
     
Ad Nauseam
Je coupe le son, fais défiler les vidéos des JT télévisés en replay et en accéléré.
C'est un flux qui vient à moi. Un flux global, incessant, en totale opposition avec le calme qui a submergé violemment nos villes. Car il n'est pas question ici de vide, de silence et de lenteur. C'est au contraire une immense accélération, un déferlement et un point de bascule brutal et définitif vers un quelque chose que nous avons encore du mal à appréhender.
Je mets en pause quand une séquence m'intéresse.
La seule possibilité que la plupart d'entre nous avons d'appréhender cette pandémie, de mettre des images sur cet «ennemi invisible» passe plus que jamais par Internet.
La «réalité» semble n'être accessible que virtuellement.
Disséminées dans le corpus photographique, comme dans les corps infectés, des images de particules du Sras-CoV-2 réalisées au microscope électronique viennent rappeler la nature de la menace.
Je reviens en arrière puis en avant. Je tourne autour. J'en fait une photo – ou pas. La lumière de mon flash vient s'écraser sur l'écran de mon ordinateur. Elle fait ressortir les traces de doigts, les poussières accumulées dessus, donnant un aspect pictural. Pas de retouche, que des fichiers bruts.
Je rouvre enfin les vannes de ce flot incessant à la recherche de mon prochain arrêt sur image. Cette série est celle d'un trop plein.

Ad Nauseam.
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I turn off the sound, scroll through the videos of the TV news in replay and time lapse.
It is a flow that comes to me. A global flow, incessant, in total opposition to the calm that violently submerged our cities. Because there is no question here of emptiness, silence and slowness. On the contrary, it is a huge acceleration, a surge and a brutal and definitive tipping point towards something that we still have trouble grasping.
I pause every time I find a sequence interesting.
The only possibility that most of us have to apprehend this pandemic, to put images on this "invisible enemy" goes more than ever through the Internet.
"Reality" seems to be accessible only virtually.
Disseminated in the photographic corpus, as in the infected bodies, images of particles of Sras- CoV-2 carried out with the electron microscope come to recall the nature of the threat.
I go back and then forward. I turn around. I take a picture of it - or not. The light from my flash hits the screen of my computer. It brings out fingerprints, dust accumulated on it, giving a pictorial aspect. No retouching, only raw files.
I finally reopen the valves of this incessant flow in search of my next freeze frame. This series is that of an overflow.

Ad Nauseam.
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