You don't deserve to see my face
     
You don't deserve to see my face
Ce travail a été réalisé entre fin janvier et mi-mars au sein du squat de l'ancien Collège Maurice Scève à Lyon.
C'est le plus grand squat illégal de la ville avec environ 400 habitants (tous masculins) principalement âgés entre 18 et 30 ans et venus d'Afrique sub-saharienne (Guinée, Gambie, Côte d'Ivoire et dans une moindre mesure Sénégal). Ce squat a été ouvert en septembre 2018 pour pallier l'absence de places en centres d'accueil (ainsi que de volonté politique) et mettre à l'abri une trentaine de jeunes mineurs vivant dans la rue. Les ouvreurs du squat ont peu à peu été débordé devant l'afflux quasi quotidien de nouveaux arrivants.

Un bras de fer juridique s'engage alors entre la Métropole de Lyon, propriétaire du bâtiment qui demande l'expulsion immédiate sans proposition de relogement, et le collectif de soutien aux habitants de l'ex-collège. L'arrivée brutale du coronavirus a mis en stand-by pour un temps ce bras de fer (notamment sur son volet judiciaire, la problématique sanitaire restant entière...).

A ce jour, l'ex-collège compte toujours 380 habitants logés dans des conditions d'extrême insalubrité et de promiscuité (certaines salles de classes transformées en chambres peuvent compter jusqu'à 20 occupants, en totale contradiction avec les règles strictes du confinement actuel). Anxiété, dépression et syndrome de stress post traumatique liés à leur parcours ainsi qu'à leur condition d'accueil en Europe ne sont pas rares.
C'est un travail en creux autour de la question d'identité. Une identité qui s'émiette, se refuse ou se dérobe. Celle d'un lieu, ancien collège de la République, tombé dans l'illégalité en même temps qu'il devenait un squat pour demandeur d'asile. Celle de ses habitants ensuite qui ont suivi le même chemin en quittant leur pays. Cette question de l'identité cristallise toutes les tensions: nom-âge- pays d'origine-parcours de vie pour les habitants, propriétaires juridiques pour le bâtiment. Cette série traite de cela par omission en refusant la frontalité documentaire pour se réfugier dans une fiction graphique quasiment abstraite. Des cadrages serrés sur des détails du bâtiment se mélangent et s'entrechoquent aux portraits des habitants. Des portraits de dos (antithèse de la prise de vue administrative et/ou policière) et révélateur de la situation et de l'état d'esprit de certains des habitants que l'on pourrait résumer ainsi «You just don't deserve to see my face».
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This work was done between the end of January and mid- March within the squat of the former
secondary school Maurice Scève in Lyon. It is the largest illegal squat in town with about 400 residents (only males) mainly between 18 and 30 years of age originating from sub-Saharan Africa (Guinea, Gambia, Ivory Coast, and to a lesser extent Senegal). This squat was opened in September 2018 so as to address the lack of accommodation in reception centers (as well as the lack of political commitment) and to give shelter to about thirty young homeless men. Those who had opened the premises were soon overflowed by the daily influx of new arrivals.

It is the beginning of a legal showdown between the Metropolis of Lyon, which owns the building
and which demands the immediate eviction of the residents without any proposal of alternative
shelter, and the solidarity support for the dwellers of the former secondary- school. This legal
showdown has been at a standstill since the abrupt emerging of the pandemic of coronavirus,
however the health challenge hasn't been addressed yet.

To this day, there are 380 men housed in particularly dire unsanitary conditions and promiscuity in the former secondary- school (some school- rooms have been turned into dormitories with up to 20 beds, which goes against the enforcement of lockdown due to the coronavirus). Many suffer from anxiety, depression and post- traumatic stress disorder due to the ordeal they went through and the conditions of reception in Europe.

It is a hollow work around the question of identity. An identity that crumbles, refuses or hides. That of a place, former college of the French Republic, fell into illegality at the same time as it became a squat for migrants. That of its inhabitants then who followed the same path when leaving their country. This question of identity crystallizes all tensions: name-age-country of origin-life course for the inhabitants, legal owners for the building. This series deals with this by omission by refusing documentary frontality to take refuge in an almost abstract graphic fiction. Tight framing on details of the building mixes and collides with the portraits of the inhabitants. Back portraits (antithesis of the administrative and/or police shooting) which reveals their situations and the frame of mind of some of them which could be summed up by «you just don't deserve to see my face».
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